Hydro-Québec a annoncé qu’il lancera au printemps 2026 un nouvel appel d’offres pour des projets d’éoliennes industrielles. Nous ignorons si Salaberry-de-Valleyfield sera encore une zone ciblée, cependant si c’est le cas, les promoteurs y penseront certainement par deux fois avant de se lancer dans cette nouvelle aventure.

On se rappellera qu’en 2023, la population s’était vivement opposée à un projet de parc éolien à Salaberry-de-Valleyfield. Les craintes étaient nombreuses ! La proximité des résidences, les risques pour la santé et la qualité de l’eau des puits, la perte de terres agricoles, les impacts sur les derniers milieux naturels de la région et sur le parc régional, etc. De plus, la réglementation jugée trop permissive. n’était guère rassurante.  Au final, plusieurs ne voyaient pas l’utilité de prendre tous ces risques alors que le Québec avait des surplus d’électricité qu’elle exportait à l’étranger.  En 2026, non seulement ces craintes sont toujours présentes, mais de nouveaux obstacles rendront encore plus difficile la réalisation d’un projet.

La consultation réalisée par la villeParc éolien des cultures

Le premier obstacle de taille est l’absence d’acceptabilité sociale au sein de la population. On se souviendra qu’après le cafouillis « Hydroméga » de 2023, le maire Lemieux avait décidé de consulter la population.  Lors de la séance du conseil municipal du 14 novembre 2023, le maire avait d’ailleurs déclaré : « On va mettre en place un processus de consultation pour déterminer selon quels critères on pourrait mettre en place un projet de parc éolien. Est-ce que ça se fait ? Est-ce que ça ne se fait pas ? ».

La consultation s’est déroulée en 2024 et les résultats ont été rendus publics au début de 2025. Le sondage réalisé pour la consultation indique que 55% de la population est défavorable à un projet de parc éolien industriel, contre 35% de personnes favorables.

Le sondage indique également que 87% de la population est d’avis qu’un projet éolien doit être approuvé par les citoyen(ne)s qui demeurent dans le secteur. Seulement 5% pensent que ce n’est pas nécessaire. Ce résultat est exceptionnel ! La population est quasiment unanime ! Considérant le tollé qu’avait soulevé le projet de 2023 chez les résident(e)s du secteur, il serait surprenant qu’un promoteur obtienne une telle approbation.

Maintenant que le maire a tenu sa consultation et qu’il a toutes les réponses à ses questions,  l’opposition à un projet éolien devrait normalement pouvoir compter sur l‘appui de ce nouvel allié.

Les orientations gouvernementales en matière d’aménagement du territoire (OGAT)

Le règlement sur les parcs éoliens relève actuellement de la MRC. Depuis le printemps 2024, le gouvernement demande à la MRC  de tenir compte dans ses règlements de 9 orientations. La 3e orientation demande à la MRC d’assurer la protection des terres agricoles. La 5e met l’emphase sur l’importance d’aménager des milieux de vie de qualité. La 9e invite la MRC à mettre en valeur le potentiel éolien, mais de tenir compte des particularités du milieu, des préoccupations de la population et de l’acceptabilité sociale. Elle lui demande également de prioriser les terres publiques,

Le maire de Salaberry-de-Valleyfield est aussi préfet de la MRC. Avec ces nouvelles orientations,  il a la position, et les outils pour faire respecter la volonté de ses citoyen(ne)s.  Il peut apporter des modifications au règlement de la MRC de manière à bloquer les projets éoliens dans sa ville. Il peut le faire, sans pour autant empêcher les autres municipalités qui le souhaitent d’avoir un parc éolien. Lors des séances du conseil municipal du 12 septembre 2023 et du 14 novembre 2023, le maire Lemieux avait d’ailleurs indiqué que le règlement sur les éoliennes de la MRC pouvait être différent d’une ville à l’autre.

Recours juridique pour expropriation

Depuis quelques mois, la « Coalition des comités éoliens du Québec » prépare un recours juridique. Il visera les promoteurs, les villes partenaires, et possiblement les agriculteurs qui acceptent des éoliennes sur leurs terres.

Il faut savoir que la présence d’une éolienne cause d’importantes limitations et interdictions d’usage sur un vaste périmètre. Un agriculteur perdra le plein usage de sa terre, si l’éolienne de son voisin est située trop près.  Il pourrait notamment perdre le droit de construire un bâtiment. Ce serait une expropriation déguisée et illégale. Considérant la petite taille des terres agricoles de la ville, cette possibilité est bien réelle.

En conclusion

Lors de la séance du conseil municipal du 14 novembre 2023, le maire a déclaré « On va faire un processus de consultation pour savoir quelles sont les règles qui feraient en sorte qu’on puisse avoir un projet.  Ça pourrait être que ça ne marche pas !  Ça pourrait être que ça marche! ». Il avait aussi ajouté « On veut régler ça avant le prochain appel d’offres. »

L’affaire est maintenant réglée et le verdict est clair. La majorité des citoyen(ne)s ne veulent pas d’un parc éolien. Le conseil municipal a donc toutes les informations et tous les leviers pour respecter la volonté de ses citoyen(ne)s.  Si un promoteur devait présenter un projet à Salaberry-de-Valleyfield, le conseil municipal doit prendre tous les moyens nécessaires pour s’y opposer.

Le collectif citoyen Impact-Éoliennes-Valleyfield