Projets éoliens
LA DÉSINFORMATION PAR L’IMAGE !
Un article paru dans un journal américain rapportait que les promoteurs de projets éoliens truquaient leurs photos promotionnelles afin que les éoliennes paraissent plus petites. Faut-il vraiment s’en surprendre ? Comment pourraient-ils faire autrement pour convaincre des citoyen(ne)s d’accepter des éoliennes de 200 mètres de hauteur près de leur maison? Toutefois, ce n’est pas une mince affaire de minimiser l’impact visuel d’une structure de 200 m de hauteur érigée au beau milieu d’un paysage naturel. Loin d’avoir peur du ridicule, les promoteurs de parcs éoliens tentent tout de même de le faire. Voici donc un petit survol des techniques photographiques trompeuses les plus couramment utilisées par les promoteurs de projets éoliens.
La perspective forcée
La tromperie de la « perspective forcée » est très efficace pour leurrer les gens. Cette technique consiste à photographier de près un humain, une maison, un arbre, avec les éoliennes plus loin en arrière-plan. Plus le sujet à l’avant-plan sera rapproché du photographe, plus l’éolienne située en arrière-plan semblera petite. Cette façon de jouer avec la proportion entre deux objets est une technique couramment utilisée par les photographes pour fausser les proportions.

Lorsque la technique de « perspective forcée » est utilisée avec subtilité, elle devient une redoutable façon de leurrer les gens. Par exemple, l’image ci-dessous montre des éoliennes qui semblent avoir la même hauteur que les arbres situés à l’avant-plan. Évidemment, ce n’est pas le cas ! Ces éoliennes sont cinq fois plus hautes que les arbres. Les arbres sont simplement situés plus près du photographe.

L’imposture !
L’imposture est l’une des duperies les plus répandues. Rien ne ressemble plus à une éolienne… qu’une autre éolienne ! Misant sur cette particularité, plusieurs promoteurs utilisent des photos d’éoliennes de 140 m de hauteur, voire même de 110 m, pour vendre à la population des projets d’éoliennes de plus de 200 m de hauteur. En d’autres mots, les images d’éoliennes qu’ils montrent n’ont rien à voir avec celles qu’ils veulent installer. Ils ont beau jeu, car ils savent que la plupart des gens ne verront pas l’arnaque. Lorsque les promoteurs présentent des photos, n’hésitons pas à demander où et quand elles ont été prises, et quels sont la hauteur et le modèle des éoliennes sur les photos.
Prise de vue en plongée
Une autre tromperie couramment utilisée est la prise de vue en plongée. Une éolienne photographiée d’un point plus élevé l’écrasera dans l’environnement. Plus la photo sera prise de haut, plus l’éolienne semblera petite !
Une photo prise en plongée diminue l’écart entre la ligne d’horizon et le sommet de l’éolienne. L’éolienne semble alors plus petite.
Une photo d’éolienne prise de haut, c’est comme regarder un édifice de 20 étages à partir du 50e étage de l’édifice voisin. L’édifice de 20 étages semblera minuscule.
L’effet de la prise de vue en plongée est multiplié si le promoteur ajoute aussi le trucage de l’imposture. Montrer une éolienne de 110 m, d’un point situé à 300 m de hauteur, est carrément frauduleux.

Absence de repères et choix de sites enchanteurs
Une autre façon de minimiser la taille apparente d’une éolienne sur une photographie consiste à choisir des sites où il n’y a pas de structures familières à proximité (bâtiments, silos, etc.).
En l’absence de repères connus, il est plus difficile de figurer le gigantisme d’une éolienne. C’est pourquoi les photos utilisées par les promoteurs sont souvent prises dans des lieux déserts. Et quand il y a des structures humaines sur une photo, elles sont généralement situées très loin en arrière-plan. Tout est étudié pour minimiser la taille réelle des éoliennes. On évite même d’utiliser des photos d’éoliennes avec les pâles pointant vers le haut (verticale).
Soulignons enfin que les photos utilisées par les promoteurs sont presque toujours prises par beau temps et souvent dans un environnement verdoyant et épuré. Il s’en dégage une impression d’harmonie et donne l’illusion d’une ambiance paisible et bucolique.

Absence de simulation réaliste
Plusieurs autres techniques et stratégies photographiques peuvent être utilisées pour modifier la réalité. Toutefois, le véritable éléphant dans la pièce est le médium photographique lui-même. Une photographie, c’est statique ! Sur une photo, les éoliennes apparaissent comme des bibelots immobiles et silencieux. C’est assez paradoxal quand on sait que la vocation première d’une éolienne c’est de… tourner.
Or, les promoteurs savent très bien qu’une vidéo montrant une hélice de 138 m de diamètre tournant à 11 tours/minute serait dévastatrice. À plein régime, le bout de la pale des nouvelles éoliennes géantes fend l’air à plus de 250 km/h. Une simulation vidéo l’obligerait également à aborder concrètement la question du bruit. C’est une boite de Pandore qu’ils ne veulent pas ouvrir ! En ce moment, ils ont beau jeu. Ils se limitent à mentionner que le bruit d’une éolienne est inférieur à 40 dB. Or, pour le commun des mortels, 40 dB, cela ne veut rien dire. Une vidéo montrant une éolienne identique à celle proposée, tournant à plein régime, permettrait aux citoyen(ne)s d’avoir une idée plus juste de son impact réel sur leur environnement.
À l’époque de l’intelligence artificielle et de la réalité virtuelle, les promoteurs devraient être obligés de présenter à la population des simulations virtuelles des projets qu’ils proposent. Les projets éoliens coûtent des centaines de millions de dollars. Il n’y a aucune raison technologique ou financière qui justifie l’absence de telles simulations. Actuellement, le gouvernement et Hydro-Québec n’ont aucune exigence en cette matière. À cause de cette complaisance, ce n’est qu’une fois les éoliennes en service que les citoyen(ne)s découvrent les véritables impacts de ces projets sur leur qualité de vie.
Que l’on soit favorable ou non à l’industrie éolienne, les agriculteurs qui envisagent d’accepter des éoliennes, leurs voisins et l’ensemble de la population ont droit à des informations et à des simulations réalistes des projets proposés. Examinons avec soin comment les projets nous sont présentés et dénonçons les tricheurs. Les supercheries et la dissimulation n’ont pas leur place dans ce débat.

